D’une manière générale, on considère comme « Multicanal » différents canaux audio synchrones destinés à améliorer la crédibilité d’un message en localisant les sources sonores dans l’espace. Cette idée de spatialiser les sons remonte pratiquement aux débuts du cinéma sonore, avec les expériences de A. Bluhmein au début du siècle dernier. De nombreuses expériences ont eu lieu, avec des succès mitigés. L’apparition du microsillon, de la FM stéréophonique et plus tard des bandes magnétiques ont démocratisé le son multicanal à la maison, dans sa version la plus simple : 2 canaux. Au cinéma, il a fallut attendre 1973 et le procédé Dolby Stereo pour que la stéréophonie prenne de l’essor. Le procédé Dolby a rapidement intégré un canal d’ambiance destiné à reproduire des effets « arrière ». L’évolution de la technologie numérique a permis ensuite de dissocier les différents canaux et d’augmenter sensiblement la qualité sonore. Bien que les précurseurs dans de domaine aient été oubliés depuis longtemps (Kodak ORC), la disposition des canaux retenue (3 voies d’écrans, deux voies d’ambiance et un canal renfort de graves) est commune au Dolby Digital (Dolby), SDDS (Sony) et DTS (DTS). Elle a donné naissance au 5.1, le format utilisé à la maison pour diffuser les DVD.
La quantité de canaux dans une salle de cinéma (ou une salle de séjour) est liée en grande partie à la limitation de la place disponible sur le support (pellicule ou DVD). Il est nécessaire de troquer de la qualité sonore contre des canaux supplémentaires. Contrairement à ce que beaucoup pensent, le son « 5.1 » des lecteurs de DVD n’est pas le summum en matière de qualité audio : Il est nécessaire de traiter les informations de manière drastique afin de permettre à 6 canaux audio de tenir dans un espace restreint.
Le problème est très différent dans un musée ou un parc d’attractions : Il y a plusieurs avantages à dissocier le son de l’image, le principal étant une flexibilité totale quand au nombre de canaux et à la qualité sonore. Après tout, on peut imaginer que votre attraction mérite mieux que la qualité sonore d’un DVD que l’on peut retrouver à la maison. Il est regrettable que beaucoup de concepteurs aient du mal à penser en dehors des formats « conventionnels ». Ils conçoivent un film pour un emplacement spécifique mais privent les visiteurs du réalisme accru d’un système son « sur mesure ». Des sources dédiées, comme notre « Digital Binloop » permettent de diffuser autant de canaux que vous le souhaitez avec une qualité nettement supérieure à celle d’un CD (déjà bien meilleure que la bande son d’un DVD). Il est ainsi possible d’ajouter des canaux à volonté, au dessus des spectateurs, derrière, dessous, donner de la voix à des personnages animés et ainsi de suite…
Puisqu’il est possible d’ajouter des canaux à volonté, la conception est très simple : un canal par source sonore. Prenons l’exemple d’un spectacle comprenant une vidéo avec de la musique, des effets et un commentaire agrémenté des interventions de deux automates animés de part et d’autre de la scène. Trois canaux d’écran seront nécessaire pour la diffusion de la vidéo (gauche, centre et droite) : Le canal central sera utilisé principalement pour le commentaire. Si celui-ci était diffusé par les enceintes gauche et droite, la localisation et la qualité sonore ne seraient pas satisfaisantes pour les spectateurs des premiers rangs. Au moins deux canaux d’ambiance seront indispensables dans la salle. Peut-être plus si la bande son comporte des effets ponctuels qui doivent être localisés à un point précis dans la salle (un bruit, l’intervention simulée d’un spectateur…). Il est possible que certains de ces canaux ne soient utilisés que quelques secondes durant le spectacle, mais le jeu en vaut vraiment la chandelle et l’investissement est raisonnable. Les personnages animés doivent avoir chacun leur propre canal audio. La diffusion depuis les canaux d’écran serait trop approximative et manquerait de réalisme. Enfin, un canal de renfort de basses permet d’étendre la réponse dans le grave de tous les canaux. Comme notre cerveau est incapable de localiser les sons les plus graves, un seul canal de graves suffit pour tout le système. Toutefois, le choix des composants (enceintes, amplificateurs) est plus délicat qu’il n’y parait : un renfort de grave inadapté ou mal réglé peut ruiner tous les efforts entrepris par ailleurs pour optimiser la qualité sonore.
Une des raisons qui pousse les réalisateurs à concevoir une bande son « 5.1 » est la facilité avec laquelle il sera possible d’effectuer le mixage son dans un studio équipé pour ce genre de format (ils sont légion). Toutefois, le produit livré sera du « prêt-à-porter » un comble dans une application ou le film lui-même est fait sur mesure pour la salle.
Il est aujourd’hui possible de faire tenir un studio de mixage complet avec tous ses effets dans un micro-ordinateur. Rien de plus simple donc que de mixer la bande son sur place, en utilisant la salle comme auditorium. Une fois le mixage terminé, les pistes seront copiées sans aucune manipulation ni perte de données sur les cartes du Digital Binloop : Il sera prêt à être reproduit à l’identique durant des années.
Le Digital Binloop est unique à plus d’un titre. Non seulement il permet une diffusion audio parfaite sans aucune usure, mais il sait aussi être le « maître » de tout un spectacle grâce à son générateur de code temporel intégré. Associé à un de nos Show Controllers, il donnera le « top » aux différents effets du spectacle en temps voulu. De plus, il sait être l’esclave d’une source vidéo pour garantir une synchronisation parfaite avec l’image.
L’objectif du système de diffusion (amplificateurs et enceintes) et d’offrir la meilleure qualité possible avec la meilleure uniformité possible. Il s’agit de sonoriser convenablement les zones dans lesquelles les spectateurs sont installés et pas au-delà, au risque de générer réverbération et échos nuisibles à la qualité sonore et à l’intélligibité. La plupart du temps, l’approche doit être la même que pour une salle de cinéma, en particulier pour les attractions qui se rapprochent d’une salle de cinéma. Il est donc prudent de faire son marché parmi les grands constructeurs de matériel pour cinéma. Non seulement vous pourrez trouver de très bons systèmes d’écrans, mais aussi toutes sortes d’enceintes pour les effets en salle (comme nos personnages animés dans l’exemple de tout à l’heure). Très souvent des concepteurs pensent optimiser les coûts en utilisant des enceintes amplifiées, particulièrement de petits moniteurs de studio. Il s’agit en fait d’une fausse bonne idée : L’installation du câblage électrique et les difficultés de maintenance rendent cette approche peu pratique. De plus, ces enceintes conçues pour être utilisées à proximité n’ont pas les caractéristiques spatiales adaptées à la diffusion dans une grande salle. Si les moyens le permettent, un système de traitement numérique (comme le MediaMatrix de Peavey) devrait être intercalé entre le Digital Binloop et le système de diffusion. Il permettra un réglage très fin du système qu’il ne sera pas possible de dérégler par erreur puisque qu’aucun réglage n’est accessible de l’extérieur.
Il est possible que vous ne puissiez pas faire appel aux services d’un acousticien pour votre attraction. La conception acoustique des salles destinées à recevoir une attraction est relativement simple : La plupart du temps, on recherche une acoustique plutôt matte, avec un temps de réverbération relativement court (TR60 inférieur à 0,8s. à 1 kHz pour une salle de cinéma). Il est possible d’arriver facilement à ce résultat en utilisant des matériaux absorbants qui pourront être recouverts de toile tendue par exemple. Si vous avez besoin de réverbération supplémentaire, elle pourra être simulée dans les canaux d’ambiance. Dans le même esprit, les surfaces réfléchissantes que l’on peut trouver autour du cadre de scène dans les théâtres et les salles destinées à des orateurs sont à proscrire : Un renfort des « reflexions précoces » est de nature à compromettre la localisation des sources sonores. Il se peut que vous ne puissiez pas intervenir sur l’acoustique de la salle (si vous travaillez dans un château par exemple). Dans ce cas, le système de diffusion devra être étudié avec beaucoup de soins afin d’optimiser le résultat.
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